Je sais que toi, ami lecteur, tu es un lecteur exigeant. Tu ne veux pas de la littérature médiocre, du manque d'originalité, du rabâché. Tu en as peut-être assez des histoires d'amour à trois, des tromperies, du meilleur ami qui pique la femme et tout le toutim.
J'approuve, ami lecteur, mais parfois il ne faut pas se laisser rebuter par une quatrième de couverture un peu banale comme j'ai failli l'être par celle de "Love, etc." de Julian Barnes. En gros, cette fameuse quatrième de couverture m'explique qu'Olivier annonce à Stuart, son meilleur ami, qu'il a l'intention de lui prendre sa femme car il est amoureux d'elle. Il faut reconnaître que ce n'est pas très original, j'ai l'impression d'avoir lu cela des milliers de fois, donc, franchement, ce résumé ne me fait pas de l'oeil. Mais comme j'ai décidé de découvrir Julian Barnes, j'embarque, pas très convaincue, le triangle amoureux.
Et j'ai bien fait. Oui, l'histoire n'est pas très originale, mais les personnages et l'écriture de "Love, etc" font tout le sel de ce roman. La narration est faite alternativement par les trois personnages principaux, Oliver, Stuart, Gillian et, de manière plus accessoire, par des personnages secondaires. Chacun, avec sa propre personnalité, ses mensonges, ses faiblesses, donne sa propre vision de l'histoire.
Oliver, le dandy fauché, cuistre et méprisant, Stuart, le financier, balourd et pas très finaud et Gillian, la femme blessée et l'objet commun de leur amour, Julian Barnes les décrit avec ironie et lucidité empêchant ainsi le récit de tomber dans le prévisible ronron de ce genre de récit.
Julian Barnes intercale des éléments du passé dans le récit de la rencontre de Stuart avec Gillian, de leur mariage, et de la lente tentative de séduction de Gillian par Oliver, retraçant ainsi les tenants et aboutissants des relations entre les différents personnages.
Et cela change tout...
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